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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

La République, encore la République, toujours la République

13 Février 2008 , Rédigé par Jean-Philippe Guerini Publié dans #Les Communiqués


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undefinedS’affichant sur les frontispices des bâtiments publics, sur tous les documents officiels ou sous les traits d’une Marianne, la République semble, dans notre pays, faire l’objet d’un large consensus. Or, ses fondements mêmes sont patiemment rognés.

En effet, la République ne saurait être une simple organisation des pouvoirs. Au contraire, elle porte en elle des valeurs, des droits fondamentaux qui – grâce notamment à l’action des Radicaux au cours de l’histoire – sont désormais inscrits dans notre Constitution. Celle-ci ne prévoit- elle pas dans son article 1er : « La France est une république indivisible, laïque démocratique et sociale » ?

Ce fragment du texte fondateur est plus qu’une simple norme, une ambition.
Le Président de la République, lors de ses visites au Vatican et en Arabie Saoudite, a malgré lui donné raison à Alain quand il écrivait « la République est toujours en péril ». En effet, lors de ces deux voyages, Nicolas Sarkozy déclina le concept de « laïcité positive » sur lequel il serait utile de s’attarder un instant.

Outre le fait que cette « laïcité positive » définirait en creux l’actuelle conception de la laïcité comme étant « négative », nous ne pouvons que remarquer la tendance qu’a notre Président à instrumentaliser à des fins politiques théories et idéaux. Il en fut de même lors de la cérémonie des voeux qui vit la reprise du concept de « politique de civilisation », forgé par E. Morin, mais transformé par la grâce présidentielle en notion « fourre tout ».
Cette propension à créer ou à recycler des concepts se comprend d’autant mieux quand on sait que le Président de la République envisage son quinquennat comme une campagne électorale permanente. Comme un « feuilleton » qui réclame de nouveaux rebondissements quasi quotidiens.

On comprend ainsi mieux les raisons qui le poussent à alimenter ainsi débats et controverses, polémiques et exégèses, avec l’idée d’occuper sans discontinuer le devant des scènes politiques et médiatiques.

Mais s’agissant du danger qui pèse sur la laïcité, la menace est plus ancienne et plus sérieuse. Dans un livre d’entretien : la République, les religions, l’espérance, M. Sarkozy préconisait déjà une remise en cause de la laïcité. Dans la même lignée, l’actuelle ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, prétexte que « la société a changé » pour justifier un éventuel lessivage de la loi de 1905.

A ces déclarations se rajoute un travail de sape visant à diminuer la portée de la laïcité. Par exemple, dans le secteur de l’éducation, nous pouvons évoquer le problème posé par l’article 89 de la loi du 13 août 2004 (au sujet duquel je vous renvoie à l’éditorial de Joël Giraud dans les colonnes du Radical n°509).

Avant d’aller plus loin, il est utile de rappeler la signification de la laïcité telle que posée par la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Elle pose un double principe. Premièrement, la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes (article 1). Deuxièmement, la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte (article 2). Ce texte pose donc une liberté, la liberté de conscience, et une indépendance de la sphère privée par rapport à la sphère publique.
Cette définition impose donc aux représentants de l’Etat, au premier rang desquels le Président de la République, une stricte neutralité quant à la manifestation de leur appartenance religieuse.

Quels sont les arguments des tenants d’une réforme de la loi de 1905 ? Tout d’abord, la loi de 1905 ne serait plus adaptée à notre temps. Or, comment ne pas considérer comme éminemment moderne la double idée de neutralité des institutions publiques et de liberté des individus dans la sphère privée ?

Une autre attaque des tenants de cette réforme consiste à présenter les défenseurs de la laïcité comme des « ayatollahs anti-religieux ». Là encore, si l’histoire de la séparation des Eglises et de l’Etat eut pour moteur la volonté d’émanciper le pouvoir de l’Eglise catholique, qui à l’époque constituait un des adversaires de la République, force est de constater que le texte de 1905 est parfaitement équilibré et loin d’afficher une haine anti-religieuse, se contente de garantir la liberté de conscience et d’empêcher toute intrusion du politique dans le religieux et inversement.

De plus la laïcité ne fait pas que s’appliquer au champ religieux, elle est un rempart qui protège aussi les institutions publiques contre les pressions économiques (lobbys…) et les influences partisanes. Remettant en cause la laïcité, le Président de la République, qui devrait au contraire en être le garant, s’attaque au socle permanent de nos institutions républicaines. Notre attitude inflexible à toute remise en cause de la laïcité repose sur notre conviction quant à la centralité de la laïcité dans l’équilibre de notre société.

C’est pourquoi la laïcité, consubstantielle de la République, ne saurait être ni relative, ni évolutive.

C’est pourquoi, nous, Radicaux de gauche, n’avons de cesse de la défendre.

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Commenter cet article

Jean-Philippe 13/02/2008 12:47

Avec plaisir

Françoise 13/02/2008 11:02

Excellent communiqué, Jean-Philippe ! Je le transmets au sein de ma Fédération.