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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

La déferlante PS fait du Parti socialiste le grand vainqueur du scrutin

19 Mars 2008 , Rédigé par Jean-Philippe Guerini Publié dans #Municipales



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undefinedDans la déferlante de la gauche aux municipales, c'est la vague rose du PS qui semble avoir été déterminante. Le PS ravit à la droite une bonne trentaine de villes de plus de 30 000 habitants, 44 de plus de 20 000 habitants) et emporte au moins huit nouveaux conseils généraux, à confirmer lors de l'élection des Présidents. Le parti gère également 24 régions sur 26 : « La plus belle implantation territoriale de son histoire », souligne le député Pierre Moscovici.

Fort de ces succès, François Hollande, premier secrétaire du PS a parlé d'un « échec cinglant « de Nicolas Sarkozy, arguant qu'il n'y a « aucun précédent d'une telle défaite ». Dans la foulée, le futur président du conseil général de la Corrèze a renforcé sa stature nationale en réclamant « un remaniement » de la politique de Nicolas Sarkozy et de sa « politique ». On est déjà là dans les préoccupations nationales. Manière pour le « patron » du PS de « maîtriser » autant que possible les ambitions des nombreux « grands élus » tentés de faire cavalier seul. Manière également d'éviter un paradoxe : une bataille anticipée pour sa succession à la tête du PS, malgré la réserve affichée des prétendants dimanche soir.

Ségolène Royal a déjà laissé percer son intention de prendre le parti. Bertrand Delanoë entend jouer les premiers rôles. Martine Aubry est de retour. Julien Dray, Manuel Valls, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg sont sur les starting-blocks… Mais Hollande est toujours là. Hier, il s'est d'ailleurs décerné un large satisfecit, notamment en terme de stratégie politique pour avoir mené sa barque entre les « audacieux » et les « frileux ».

Pas de congrès anticipé donc. Il aura lieu « à la date normale », à l'automne à Toulouse. « Je ne souhaite pas qu'on engage cette bataille avant l'heure » dit-il, mais le PS « ira jusqu'au bout de la rénovation ».

Les prétendants devront patienter.

L'échec du furet MoDem

Il s'est allié à gauche par ici, il s'est rallié à droite par là, il s'est présenté tout seul ailleurs. Il court, il court le MoDem, le furet de la politique, un peu dans tous les sens, au point que les électeurs un peu lassés par une stratégie illisible ont fini par distribuer les cartons, jaune ici, rouge là… La stratégie d'indépendance de François Bayrou, qui a sensibilisé nombre d'électeurs à la présidentielle (plus de 18 %), a sombré dans l'opportunisme politiquement illisible à l'occasion des municipales. Le grand chef lui-même battu à Pau malgré des clins d'œil appuyés à droite, Marielle de Sarnez, seule rescapée du Modem à Paris après un flirt avorté avec la gauche. Et un peu partout comme à Toulouse les mauvais choix électoraux d'un MoDem sans boussole politique. François Bayrou promet de garder le cap « autonome », incriminant des « manœuvres » et même « l'instabilité de la vie politique française qui empêche la France d'avancer ». Mais la défaite est amère et le ras-le-bol s'exprime. Bayrou « sacrifie ses élus pour une chimère présidentielle », lance Thierry Cornillet, député européen. Même à Pau, les électeurs ont préféré la clarté. D.H.

Le PRG fidèle à l'union

Les radicaux de gauche ont contribué au rassemblement de la gauche et ont favorisé les reports de voix d'électeurs modérés, de citoyens attachés à la laïcité, malmenée ces derniers temps par le gouvernement Sarkozy et l'entourage du Président . Le PRG accentue sa majorité dans les trois départements qu'il gère (Hautes-Pyrénées, Tarn-et-Garonne, Haute-Corse) et renforce son implantation dans les mairies et conseils municipaux. Ses élus et candidats appellent la gauche à se rassembler dans le respect de chacun afin de préparer ensemble le projet de société et de gouvernement qui permettra l'alternance en 2012.

Une façon de mettre en garde le PS contre les tentations hégémoniques et de rappeler qu'un travail de fond est indispensable.

Le PCF s'en tire bien

Avec le PCF, tout est toujours symbolique, les victoires comme les défaites. Le PCF a repris Dieppe mais a perdu Calais. Il a gagné l'Allier mais perdu la Seine-Saint-Denis. Et ainsi de suite. Tombé au plus bas lors de la présidentielle (1,93 %), le vieux parti a cette fois résisté grâce à la bonne tenue du « communisme municipal », fortement aidé par la poussée de la gauche. Il perd des bastions mais gagne des élus et garde même Aubagne… au prix d'une alliance avec le MoDem. Mais sans doute y a-t-il des symboles qui pèsent plus que d'autres. La Seine-Saint-Denis, le fief des fiefs, est doublement tombée. Voynet a bouté Brard hors de la mairie de Montreuil et le département « historique » du PC est passé aux mains du PS.

Les Verts reverdissent

Un printemps Vert ? Ils ne pouvaient que faire mieux, sonnés après leurs échecs successifs à la présidentielle (1,57 %) et aux législatives (3,25 %, quatre élus). Les Verts confirment néanmoins au second tour leur « petite renaissance » du premier selon le mot de Cécile Duflot, secrétaire nationale. Au premier tour, Noël Mamère, emblématique Vert de gauche, avait été réélu à Bègles, banlieue populaire de Bordeaux. Au second, ils ont avalé leur chapeau à Paris (9 conseillers contre 23) mais, bénéficiant de la forte poussée à gauche ailleurs, ils disposeront de plus d'élus locaux qu'en 2001 au titre des listes de la gauche plurielle. Ils emportent en outre la ville de Montreuil avec Dominique Voynet. Cécile Duflot parle d'un « signal politique de renouvellement ». Un printemps Vert à confirmer tout de même.

Le FN en voie de disparition

Pour une fois, droite et gauche sont d'accord. L'extrême droite ? Le FN ? Plus un problème. Laminé politiquement et financièrement par la dernière élection présidentielle, le parti de Jean-Marie Le Pen a perdu la quasi-totalité de son pouvoir de nuisance, très souvent absent des scrutins municipaux et cantonaux, réduits à la figuration ici et là, à la notable exception de Jacques Bompard à Orange, facilement réélu au premier tour. Louis Aliot, à Perpignan, n'a pas réussi la percée politique espérée, dans une cité pourtant sensible naguère aux thèses du FN. Quant à Marine Le Pen, elle essuie un cuisant échec à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Le vieux chef panse ses plaies dans sa tanière. Les troupes exsangues attendent la succession.

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Françoise 20/03/2008 06:46

Je crois qu'il faut très vite redescendre du petit nuage rose : le gouvernement prépare un plan de rigueur des plus inquiétants.  Tant du côte des partis politiques que des médias : silence ! et lorsque l'on prend connaissance de ce plan, on comprend.J'ai un doute : n'y aurait-il pas un accord entre la gauche et droite dans le but de se partager le pouvoir ? Ainsi la gauche gèrerait le local et la droite le national ?Jean-Phil, dans le prochain mail je t'envoie le texte concerant  ce plan de rigueur.