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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

Tibet ; un long fleuve tranquille ?

25 Mars 2008 , Rédigé par Jean-Philippe Guerini Publié dans #prglandes.org




C'est à tort que l'on considère l'histoire du Tibet comme un long fleuve tranquilleavant que la Chine communiste ne l'envahisse . Lhassa, sa capitale ,n'a été épargnée ni par les invasions, ni par les guerres civiles, ni les massacres qui reprennent depuis le 14 mars à quelques jours du lancement des J.O. dont la flamme s'allume ce lundi en Grèce pour arriver à Pékin en août prochain en passant d'ailleurs par la capitale tibétaine.

Il y a longtemps que ceux qui s'intéressent au sort du Tibet ont énoncé que c'était une poudrière qui ne demandait qu'à exploser. C'est fait. La répression chinoise s'accompagne d'une guerre larvée autour des sources d'information. Là où Pékin annonce une dizaine de morts, les autorités tibétaines font état eux d'une centaine de victimes.

On n'en finira pas de s'étonner de la permanence tout au long de son histoire de l'hostilité de ses voisins, lorsqu'on considère le manque de ressources d'un pays où la difficulté de l'environnement n'a cependant pas découragé la création d'une civilisation originale. Est-ce la proximité du ciel qui continue de faire du peuple tibétain du haut de ses 4000 et 6000 mètres d'altitude un peuple à part ? Un peuple voué à la spiritualité et par là même à l'immobilisme et à la lenteur qui accompagnent souvent le goût de l'éternité.


Ce peuple, anti-violent par conviction religieuse, est depuis l'invasion chinoise victime d'un lent processus d'acculturation et d'appauvrissement. Car le formidable progrès de la société chinoise n'a pas bénéficié au Tibet. Les Tibétains sont illettrés dans une proportion de 40 % et la politique chinoise pousse fortement à l'émigration des siens vers cette province de l'ouest, grâce à la construction récente d'une ligne de chemin de fer. Les Tibétains sont exclus, dans leur propre pays, de la manne économique de Pékin qui privilégie les siens, ce qui aggrave, on s 'en doute, les tensions entre communautés.

Si le sort de ce petit pays de l'Asie centrale concerne le monde libre c'est qu'il est à nouveau, la pierre de touche de la capacité de ce dernier à réagir à la puissance chinoise qui vassalise les gouvernements occidentaux dont le nôtre. À ce jour , seul les Américains en la personne de George Bush, osent recevoir le 14e Dalaï-lama, prix Nobel de la paix, comme un chef d'État. La démocrate Nancy Pelosi présidente de la Chambre des représentants des EU à son tour, vient de rendre une visite remarquée au chef tibétain dans son exil de Dharamsala en Inde.

Enfin le Vatican lui-même s'émeut et Benoît XVI appelle à la paix l'intolérante Chine dont l'attitude répressive et les propos belliqueux essaiment partout dans le monde la réprobation. A un peu moins de cinq mois des J.O. de Pékin, la balle est dans le camp des Occidentaux. Vont-ils sacrifier leurs grands principes sur les droits des hommes à disposer de leur religion sur l'autel de leurs intérêts ? Le Dalaï-lama, 73ans, n'a lui, d'autre resources que morales. Il ne s'en prive pas : « Si la situation présente au Tibet reste la même, je renaîtrais hors du Tibet, loin du contrôle des autorités chinoises. »

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