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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

La médiation entre l’Elysée et Mittal a échoué ; les promesses de Sarkozy s’envolent, les emplois aussi.

8 Avril 2008 , Rédigé par Jean-Philippe Guerini Publié dans #prglandes.org




Le Président a tenu parole», s’est empressé de déclarer Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’Industrie et porte-parole du gouvernement, à l’issue de la rencontre, hier en fin d’après midi, entre les syndicalistes de l’usine de Grandrange et le locataire de l’Elysée. «Nicolas Sarkozy n’a pas tenu ses promesses», estimait pour sa part Edouard Martin, élu CFDT au comité d’entreprise européen du leader mondial de l’acier. Bouteille totalement pleine pour l’Elysée, au trois-quarts vide pour les syndicats, une chose est sûre : le site de Gandrange, lui, va partiellement fermer. Même si Nicolas Sarkozy a réussi à convaincre Lakshmi Mittal de limiter la «douloureuse».

En compensation de la suppression des 575 emplois de l’aciérie et du train à billettes, le groupe sidérurgique a finalement décidé d’investir 35 millions d’euros dans le laminoir et l’activité de «parachèvement de poutrelles», sauvant 124 emplois. Par ailleurs, un fonds d’investissement créé entre l’entreprise, l’Etat et les collectivités locales, à hauteur de 20 millions d’euros, financera des activités de recherches et développements dans l’acier. Voilà pour le sûr.

Beaucoup de «si». Reste l’hypothétique. A défaut d’investir dans l’outil de production comme il s’y était engagé le 4 février lors d’une visite sur place, Nicolas Sarkozy a sollicité le PDG de Poweo, Charles Beigbeder. La toute jeune entreprise de production d’électricité envisagerait ainsi d’implanter une ou deux centrales électriques dans la région, permettant, à terme, de faire travailler 40 à 80 personnes. Résultat : entre emplois supprimés et créés, 370 à 450 salariés se retrouvent, pour l’heure, sans solution. «Sans compter les 700 intérimaires ou salariés de sous-traitants qui travaillaient sur Gandrange», rappelé Edouard Martin de la CFDT.

Ceux qui s’en sortent le mieux, finalement, sont les salariés de Florange. L’usine voisine, dont la survie était menacée après 2012, serait pérennisée. La direction d’ArcellorMittal se serait engagée à rénover les deux fours si, précise l’Elysée, «la réglementation européenne sur le CO2 n’affecte pas excessivement sa compétitivité». Sur le même site, et «si la géologie le permet», le sidérurgiste pourrait aussi initier un projet pilote de stockage souterrain de CO2. Beaucoup de projets, donc, mais avec beaucoup de «si».

Promesse. «Personne ne sera laissé sur le carreau, tout le monde sera reclassé», a insisté hier, pour finir, Luc Chatel. «On va voir, mais pour l’heure c’est pas gagné, a répondu Edouard Martin. Si ceux de Gandrange vont à Florange, les intérimaires de cette usine vont sauter. Et au Luxembourg, ils sont en sureffectifs.» Reste une promesse que Nicolas Sarkozy s’est engagé à tenir : celle de se rendre sur place «d’ici les prochaines semaines». Et le Président de conclure à l’adresse des syndicalistes : «Si vous trouvez quelqu’un qui peut mieux faire, vous me l’amenez.»

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