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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

Sommet européen: Un accord coûte que coûte

14 Décembre 2008 , Rédigé par PRG Landes




Réchauffement climatique, relance économique et traité de Lisbonne sont l’objet d’âpres discussions à Bruxelles où se tient le dernier sommet des chefs d’Etat de l’Union sous présidence française. Un accord est en passe d’être obtenu, mais a minima. Mise à jour 13h12.


Rarement sommet européen aura été si important. C’est qu’au cours de ce long bal, entrecoupé d’apartés plus intéressés qu’amoureux, discussions, séductions et marchandages se seront mêlés sur trois thèmes distincts mais également conséquents pour le développement durable de notre planète.
Le paquet énergie-climat pour commencer. L’an dernier, alors que la crise restait encore tapie dans les coffres bancaires, l’Europe, aiguillonnée par l’Allemagne, faisait sa fière en annonçant laver plus blanc que blanc. Elle s’engageait sur un triple objectif ambitieux : d’ici 2020, moins 20% d’émissions de CO2, moins 20% d’énergies consommées et 20% de renouvelables dans la production énergétique.
Plusieurs lobbies ont tenté de tempérer les ardeurs, les cimentiers allemands et français menacent de délocaliser, les charbonnages de l’est, particulièrement polonais, marchandent d’exorbitantes compensations, bref le carnet de bal de Sarkozy était bien chargé. Un accord moins ambitieux serait en voie de conclusion, après que le président français a lâché plusieurs concessions. D’une part l’Allemagne et l’Italie ont obtenu que plusieurs industries (les secteurs seront ultérieurement choisis par Bruxelles, mais les cimentiers en font déjà partie) des quotas gratuits de droits à polluer et un allongement dans le temps de ces droits pour les autres secteurs industriels (20% seulement en 2013 et 70% en 2020). D’autre part les pays de l’est européens ont finalement gagné que leur soient reversées 12% des sommes obtenues des droits à polluer (la proposition de négociation française était de 10%). A quoi s’ajoutent des exemptions pour les pays qui, comme la Pologne, produisent leur électricité à partir du charbon.

Crise : relance et traité

Second sujet qui fâche le vieux couple franco-allemand, d’autant que les fréquentations britanniques de Nicolas Sarkozy n’ont guère été appréciées à Berlin, les plans de relance économique. La Chancelière allemande et son ministre social-démocrate des finances sont arc-boutés sur leur position : l’Allemagne n’a pas d’autre besoin que les 5 milliards supplémentaires sur les 34 milliards déjà prévus dans le budget germanique. Les autres danseurs pensent au contraire que faire bande-à-part nuirait à l’efficacité du ballet. Ils l’ont dit et répété depuis des semaines, alternant suppliques et pressions, sans qu’Angela Merkel ne sente son cœur défaillir. Un accord a été trouvé a minima : 1,5% du PIB européen consacrait au budget de relance (comme l’avait déjà annoncé le président de la Commission).
Enfin le traité de Lisbonne. Vingt-cinq Etats sur vingt-sept l’ont ratifié. L’Irlande a dit non par référendum, la République tchèque, qui va succéder à la France à la présidence européenne, a repoussé le vote de son parlement à février. L’idée de Nicolas Sarkozy est de laisser aux petits pays un commissaire et à l’Irlande le droit de refuser l’avortement, son autonomie fiscale et sa neutralité militaire. Là encore le président français peut être mis en difficulté par Vaclav Klaus, son homologue très europhobe qui siège à Prague. Une Europe plus forte et plus diligente dans ses décisions serait cependant un gage d’avenir, à la fois pour les questions de paix dans le monde, d’indépendance énergétique et de financements de programmes d’innovation chers au développement durable.
Au final, l’Europe avance encore à pas mesurés, chaque Etats membres ayant cherché à profiter de la volonté de Nicolas Sarkozy d’obtenir un accord à tout prix.
Il y a au moins un avis commun : il faut aller de l’avant ensemble quitte à abandonner au cours des négociations quelques ambitions. C’est ce qui s’est fait, au grand dam de plusieurs ONG qui pensent que, sur le climat particulièrement, on n’a plus le temps de remettre à demain ou de minimiser les mesures d’urgence réclamées par les experts.

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