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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

Rencontre sociale : Un sommet sur fond de crises

19 Février 2009 , Rédigé par PRG Landes



Lors de son émission télévisée du 5 février dernier, Nicolas Sarkozy avait donné rendez-vous aux syndicats pour un sommet qui se tient aujourd’hui à l’Elysée. Le président va aborder les pistes qu’il a avancées et qui n’ont pas ravi des syndicats déterminés sur la question du pouvoir d’achat. Seules les cinq confédérations dites « représentatives » sont conviées, alors que la crise sociale a pris un tournant avec l’embrasement des Antilles. Le chef de l’Etat a indiqué qu’il parlerait ce soir à la télévision, à la fin du sommet, et qu’il recevrait jeudi les élus des départements d’Outre-mer.
L’exercice est difficile, nul ne peut dire encore s’il sera possible. En s’intronisant omnipotent face à la crise («  La crise s’abat sur nous, c’est à moi de protéger les gens ») Nicolas Sarkozy a renoué avec l’antienne gaulliste de l’Etat qui peut tout et de son chef qui décide de tout. Le rendez-vous donné habilement un mois après les manifestations imposantes du 17 janvier dernier afin d’empêcher tout développement n’avait cependant pas prévu l’embrasement de la Guadeloupe et de la Martinique où l’excessivité de la vie chère rend la crise encore plus insupportable. En métropole, les syndicats ont d’ores et déjà décidé d’une nouvelle journée d’actions le 19 mars prochain, marquant ainsi que les pistes tracées par Nicolas Sarkozy ne convenaient pas aux uns et ne suffisaient pas aux autres. Et le plan de relance du secteur automobile n’a pas calmé les choses, PSA recevant par exemple 4 milliards et annonçant deux jours plus tard 11 000 suppressions des postes. De même l’annonce des résultats de certaines sociétés, dont Total, conforte les syndicats dans l’idée qu’il y a encore des profits à se partager.

La question du pouvoir d’achat

Car la question du pouvoir d’achat et de la relance par la consommation est celle qui fâche l’Elysée et que pourtant brandissent les syndicats. Aussi les collaborateurs du chef de l’Etat, comme les ministres, ont-ils été envoyés, ces derniers jours, semer la bonne parole : la consommation en France se porte bien, la priorité, c’est l’emploi, a encore martelé Henri Guaino hier dans les colonnes du Monde.
Accompagné de François Fillon, de cinq ministres et de son conseiller pour les affaires sociales Raymond Soubie, le président devrait donc rappeler les pistes avancées le 5 février : la participation d’abord, sur la base d’un partage des bénéfices en trois tiers, les salariés, les actionnaires et l’investissement. Sur ce point, la CFDT n’a pas manqué de faire savoir que les choses étaient mal parties, puisque l’Etat lui-même, dans toutes les entreprises où il est actionnaire (EDF, SNCF, Poste…), s’est largement servi.

Des mesures concrètes


Autres pistes visant le pouvoir d’achat : la suppression en 2009 du deuxième tiers prévisionnel pour la basse tranche d’imposition sur le revenu, la suppression complète de la tranche la plus basse (deux millions de personnes concernées) ou encore une augmentation des allocations familiales. Par ailleurs, le chef de l’Etat a proposé une prime de 200 ou 300 euros pour les jeunes salariés qui se retrouve au chômage après un contrat à durée déterminée et n’ont pas suffisamment cotisé pour bénéficier d’allocations chômage.
Mais pas question d’un coup de pouce aux salaires, même dans les DOM comme on l’a vu cette semaine avec le rappel à l’ordre et à Paris d’Yves Jégo, ni bien sûr de revenir sur la suppression d’emplois publics, François Fillon ayant rappelé qu’en ces temps de déficit du budget de l’Etat, le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux demeurait la règle
Le président ne pourra de toute façon pas s’en sortir seulement avec des déclarations rappelant son ambition de «  refonder le capitalisme, le moraliser  » ce qu’il défendra à la réunion du G-20, le 2 avril à Londres. Il lui faudra annoncer du concret, et du concret qui ne soit pas renvoyé à la discussion future entre partenaires sociaux. A l’issue de la rencontre, Nicolas Sarkozy enregistrera une déclaration qui sera vraisemblablement retransmise aux journaux télévisés de 20 heures.

Source: jdd

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