Colombie : imbroglio autour des otages des FARC, dont Ingrid Betancourt

Le président colombien Alvaro Uribe a mis fin au rôle de médiateur de son homologue vénézuélien Hugo Chavez. Mais ce dernier entend poursuivre sa mission.
"Il faut faire tous les efforts pour la paix et un accord humanitaire mais en tenant compte qu'on ne peut pas mettre en danger la sécurité démocratique". C’est par cette phrase qu’Alvaro Uribe a expliqué jeudi pourquoi il avait mis un terme à la médiation d’Hugo Chavez sur un échange d'otages détenus par la guérilla des Farc visant à libérer 45 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, contre 500 guérilleros des FARC emprisonnés.
Le chef de l’État colombien a reproché au président vénézuélien d'avoir directement contacté au téléphone le commandant de l'armée colombienne, le général Mario Montoya, pour l'interroger sur les otages.
Cette décision a consterné la famille et les soutiens à Paris d’Ingrid Betancourt. Cependant, Hugo Chavez n’a pas dit son dernier mot. Jeudi, il a demandé au chef des Farc, Manuel Marulanda, de lui adresser des preuves de vie de ses otages pour procéder à un échange humanitaire.
Deux jours auparavant, le chef d’État vénézuélien avait rencontré Nicolas Sarkozy à Paris. Il avait indiqué qu’Ingrid Betancourt était vivante, mais qu’il n’était pas capable pour l’instant d’en apporter la preuve…
"Envoyez-les moi Marulanda", a déclaré Hugo Chavez lors d’une intervention en faveur de la réforme constitutionnelle au Venezuela qui doit être soumise à un référendum le 2 décembre prochain. "Si tu décides de libérer ce groupe malgré ce qui s'est passé, je le recevrai ici avec plaisir. Les plus de 2 000 km de frontière entre la Colombie et la Venezuela sont ouvertes", a-t-il poursuivi à l’adresse du chef des Farc.
Hugo Chavez a toutefois déclaré "respecter la décision d'Uribe" de mettre fin à sa médiation tout "en regrettant cette décision pour la Colombie".