Bali : les Etats-Unis inflexibles
Le premier pollueur mondial a répété lors de la conférence sur le climat de Bali qu’il n’entendait pas ratifier le protocole de Kyoto.
Les Etats-Unis refusent toujours tout accord multilatéral contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre, et l’ont refait savoir jeudi 6 décembre à Bali. Cette île indonésienne accueille une conférence sur le climat pour échafauder une politique climatique globale à moyen terme.
Pour l’heure, le protocole de Kyoto est le seul outil international permettant de lutter contre le réchauffement climatique et les Etats-Unis restent l'unique pays développé à ne pas l’avoir ratifié. La proposition mercredi par une commission du Sénat américain de mesures accrues pour limiter les émissions de gaz à effet de serre n’a pas modifié la position du gouvernement fédéral.
Longtemps réticente, l’Australie a pour sa part ratifié lundi le protocole de Kyoto. Jeudi, des responsables australiens ont annoncé "soutenir" les préconisations des experts internationaux sur l'évolution du climat (Giec) de réductions de 25 à 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 pour les pays développés.
Cependant, le nouveau Premier ministre Kevin Rudd a jeté un froid depuis Brisbane "(Des pays) ont indiqué qu'ils n'acceptaient pas forcément ces objectifs, pas plus qu'ils n'acceptaient des objectifs contraignants les concernant", a-t-il indiqué. "C'est également la position du gouvernement australien".
Pour sa part, l’Union Européenne s'est engagée à réduire ses émissions de moins 20% d'ici 2020, voire de moins 30% si les autres pays industrialisés s'engagent.
"Au sujet des objectifs d'émissions, il est clair pour tout le monde que les pays industrialisés devront continuer à conserver la tête (dans les efforts)", a affirmé Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention climat de l'ONU. "Tous les gouvernements (ayant ratifié Kyoto) ont réalisé que les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de 25 à 40% d'ici 2020".