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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

Départ de Kadhafi ; victoire par KO du leader Lybien

15 Décembre 2007 , Rédigé par Jean-Philippe Guerini Publié dans #prglandes.org

Kadhafi-2.jpgwebmaster_220.gifLe mot de bienvenue est signé Rama Yade : «Notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits», déclare lundi la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme dans le Parisien, le jour même de l’arrivée du colonel Kadhafi à Paris. Effroi à droite et hourvari à gauche. Yade est rappelée à l’ordre par l’Elysée, condamnée par moult députés UMP et invitée à démissionner par la gauche. Le Muammar show d’une semaine peut débuter. Les soucis commencent pour Nicolas Sarkozy.

 
 

LUNDI, TENTE POSÉE, CONTRATS SIGNÉS

La tente de Bédouin est déjà installée dans les jardins de la résidence de Marigny, à côté de l’Elysée, où séjournera le colonel libyen. Les critiques se multiplient côté socialiste. En comparaison de celle de Yade, les condamnations paraissent fades : «Tout simplement odieux» (Ségolène Royal), «inacceptable» (Jean-Marc Ayrault), «un vrai malaise» (Pierre Moscovici)… A droite, on allume des contre-feux : «Recevoir, ce n’est pas se soumettre», professe Raffarin. La secrétaire d’Etat, elle, refuse de démissionner parce qu’«on ne déserte pas en rase campagne».

 
 
Dans l’après-midi, première rencontre avec Nicolas Sarkozy. Les deux chefs d’Etat signent contrats commerciaux et militaires. Le président français se rengorge et parle d’un montant d’«une dizaine de milliards d’euros». Mais, calculette à la main, Libération démontrera mercredi que, entre contrats déjà signés et confirmés et vagues promesses, on est loin des 10 milliards. La question des droits de l’homme est aussi abordée par Sarkozy : «J’ai dit au président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l’homme.»

 

MARDI, PROVOCATIONS À L’ASSEMBLÉE

Les contrariétés empirent pour Sarkozy. Dans un entretien à France 2, accordé sous la tente, le «Guide» dément carrément son hôte : «Nous n’avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets.» Fermez le ban. Emoi à l’Elysée. Claude Guéant, son secrétaire général, dément le démenti. Le sujet est sensible, y compris au sein de l’UMP.

En fin de matinée, Kadhafi se rend à l’hôtel de Lassay, la résidence du président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, qui a été pressé par Sarkozy de le recevoir. Tapis rouge et gardes républicains. Quelques députés de droite désapprouvent cette visite dans «le temple de la démocratie». Un temple gardé par une armée de policiers et de gendarmes. Accoyer explique avoir évité le pire : un discours du colonel dans l’hémicycle. Le Libyen n’en a cure. Et se livre, devant 25 députés (sur les 80 invités) à une nouvelle provocation, en regrettant «l’internationalisation du conflit du Darfour», alors que Paris s’évertue à mettre sur pied une force internationale dans la région. En séance, les députés socialistes fulminent. Jean-Marc Ayrault allume Bernard Kouchner, l’accusant de «manger [son] haut-de-forme».

Kadhafi s’offre ensuite une sortie au Ritz, avec une centaine d’intellectuels. Comme pour tous ses déplacements, ses «amazones», sa garde prétorienne féminine, le protègent. Il y est accueilli par Roland Dumas, l’ancien ministre de Mitterrand, par un révérencieux : «Profonde et cordiale bienvenue.» Le soir, à l’Unesco, il reçoit un millier de personnes d’origine africaine. Libération.fr révélera jeudi que certaines d’entre elles ont été payées pour faire la claque. Devant son auditoire, le «Guide» s’amuse : «Avant de parler des droits de l’homme, il faut vérifier si ces droits sont accordés aux immigrés.»

Dans la soirée, devant le mur pour la Paix, près de l’Ecole militaire, de maigres troupes manifestent et montent «une tente pour la paix», pour répondre à celle «de la terreur» plantée à Marigny. Ségolène Royal tance : «Les grandes règles morales sont aujourd’hui bafouées.»

MERCREDI, ATTENTATS D’ALGER CONDAMNÉS

Nouvelle rencontre entre Sarkozy et le déroutant colonel à l’Elysée. Le Français, conscient que la visite du Libyen tourne à la mascarade, le presse de condamner les attentats survenus mardi à Alger. Son hôte y consent, même s’il a fait l’éloge du terrorisme juste avant son arrivée à Paris. Sarkozy évite aussi les manifestations démonstratives de lundi et refuse de raccompagner son ami jusqu’à sa gigantesque limousine blanche.

JEUDI, SHOPPING ET VISITE DES MUSÉES

Journée tourisme pour le «Guide», qui visite le Louvre, avec arrêt minute devant la Joconde, la Vénus de Milo et le Radeau de la méduse. Puis shopping parisien. Est-ce pour tenter de se dédouaner ? Toujours est-il que Sarkozy reçoit les familles des victimes de l’attentat contre le DC10 d’UTA, commis en 1989 par des Libyens.

VENDREDI, PETIT DÉTOUR VERSAILLAIS

Pour son dernier jour, Kadhafi s’offre une visite au château de Versailles, où il pose longuement devant le trône de Louis XIV, le «roi Soleil», puis demande à être conduit dans la «salle du sacre de Napoléon». Deux hommes qu’il dit admirer. Muammar al-Kadhafi doit partir ce samedi.



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