Malaise à l’hôpital

Les personnels hospitaliers sont en colère à cause des jours de RTT accumulés. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot essaye de désamorcer la crise.
Une concertation a démarré lundi 7 janvier sous l’égide de la ministre de la Santé, qui a reçu dans la matinée les quatre syndicats représentatifs de praticiens hospitaliers - CMH, CPH, INPH et Snam-HP – pour évoquer le problème épineux des heures supplémentaires et la monétarisation d'une partie des comptes épargne temps (CET). Les urgentistes et les anesthésistes sont en grève symbolique depuis le 24 décembre.
Depuis la mise en place des 35 heures à l'hôpital en 2002, les personnels de la fonction publique hospitalière peuvent épargner dans un CET leurs jours de RTT non pris et leurs heures supplémentaires non récupérées et non indemnisées.
Mais les difficultés de recrutement dans certaines spécialités et les difficultés financières des établissements hospitaliers ont entraîné l'accumulation de 23 millions d'heures supplémentaires impayées et de 3,5 millions de jours de congés dans des CET, en dépit des milliers d'emplois médicaux et paramédicaux créés par cette réduction du temps de travail.
"Nous allons nous revoir les 10 et 15 janvier, date à laquelle je compte bien sortir avec un accord en bonne et due forme", a affirmé Roselyne Bachelot. Ces deux journées de négociations doivent permettre d’aborder les questions du "taux de paiement des jours accumulés, du calendrier des ajustements nécessaires à cette monétarisation, ou encore de la transformation des CET en points de retraite". La ministre de la Santé assure disposer d'environ 700 millions d'euros de "marges budgétaires".
Les organisations syndicales reçues ont salué l’annonce d'un "calendrier serré" de négociations. Mais le conflit est loin d’être résolu et le président de l'Amuf, le syndicat des urgentistes, Patrick Pelloux, a affirmé dimanche que le mouvement pourrait s’amplifier et que l’ensemble du secteur hospitalier pourrait rejoindre les syndicats de fonctionnaires de l'Etat et les enseignants à l’occasion de la grève du 24 janvier.