Les députés votent 7,3 milliards d'euros pour le Grenelle
Les députés ont examiné hier le budget 2009 de l’écologie, en hausse de 5 % par rapport à 2008. Celui-ci traduit concrètement plusieurs engagements du Grenelle, comme la mise en œuvre de l’éco-prêt à taux zéro ou la mise en place de mesures de fiscalité « verte », dont les recettes alimenteront l’Ademe et les infrastructures de mobilité durable financées par l’Afitf. Dénonçant notamment l’insuffisance des moyens accordés à cette agence et la baisse programmée des crédits du Meeddat à partir de 2011, les députés de l’opposition ont voté contre le projet de budget.

L’Afitf sous perfusion
Pour Jean-Louis Borloo, il s’agit d’une « première étape vers un verdissement de la fiscalité française. » Les recettes de cette fiscalité verte seront allouées à l’Ademe et son fonds démonstrateur, ainsi qu’à l’Agence pour le financement des infrastructures de transport de France (AFITF), qui les investira prioritairement dans la mobilité durable. En attendant la mise en place en 2011 de la taxe poids lourds, qui alimentera directement l’Afitf, cette agence bénéficiera pour l’année 2009 d’une subvention de 1,2 milliard d’euros.
Insuffisant, selon le député communiste André Chassaigne, pour qui « cette subvention ne couvre même pas les opérations en cours. » « Depuis la vente par l’Etat des sociétés d’autoroute, l’Afitf est sous perfusion, et la taxe poids lourd n’y changera rien », surenchérit le socialiste Jean-Paul Chanteguet.
Un budget 2011 en baisse
Quant au député vert Yves Cochet, s’il reconnaît que le budget 2009 « fait un peu de place à l’écologie », il constate que « cette légère hausse des crédits sera suivie, si l’on regarde jusqu’en 2011, d’une baisse des moyens alloués à l’environnement. » En effet, le projet de loi de programmation des finances publiques pour la période 2009-2011 prévoit une quasi stagnation des moyens du Meeddat en 2010 (20,4 milliards), suivie d’une baisse sensible en 2011, avec 18,7 milliards d’euros. « La mise en œuvre du Grenelle ne réclamerait-elle pas au contraire une augmentation des crédits », s’interroge Yves Cochet.
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