Sécurité alimentaire: la FAO tire la sonnette d'alarme
Pour Hafez Ghanem, sous-Directeur général de la FAO, « les prix des denrées alimentaires ont chuté depuis le début de l’année, mais cela n’a pas mis fin à la crise alimentaire dans beaucoup de pays pauvres ». Une analyse partagée par l’UE qui a décidé d’affecter un milliard d’euros supplémentaires à la sécurité alimentaire pour les trois prochaines années. « La crise financière et la baisse des prix des denrées ne doivent pas nous faire oublier la crise alimentaire », a commenté lundi Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, lors du Forum pour le financement des investissements en Afrique. « Les prix restent très supérieurs à ceux des années récentes et connaissent de fortes variations, la menace des accidents climatiques persiste et, surtout, la récession mondiale rend plus fragiles les populations urbaines des pays pauvres ». Conséquence : un continent en voie de développement comme l’Afrique, qui importait 7kg de céréales par personne et par an depuis les années soixante, est venue à en importer 3 fois plus à la fin du siècle dernier, « ce qui expose fortement sa population aux risques de l’économie mondialisée », précise Alain Joyandet. « L’ampleur des moyens requis est considérable : les investissements nécessaires en matière de recherche agricole, d’irrigation et de pistes agricoles ont été estimés à 6 Mrd $ par an en Afrique subsaharienne pour la période 1997-2025 ».

L’insécurité alimentaire s’aggrave
Quarante millions de personnes supplémentaires ont rejoint cette année les rangs des sous-alimentés de la planète du fait principalement de la hausse des prix des denrées alimentaires, selon les estimations préliminaires de la FAO. « Cela porte le nombre d’affamés dans le monde à 963 millions, contre 923 millions en 2007. Et la crise économique et financière actuelle pourrait entraîner une augmentation du nombre des victimes de la faim et de la pauvreté », ajoute l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. La grande majorité de la population sous-alimentée vit dans les pays en développement, selon L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2008, que vient de dévoiler hier la FAO lors de la présentation de son rapport annuel à Rome. Sept pays rassemblent en effet, à eux seuls, 65% de ces personnes : Inde, Chine, République démocratique du Congo, Bangladesh, Indonésie, Pakistan et Ethiopie.
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