Droits de lHomme : des raisons despérer selon Amnesty International

L’organisation a publié mardi 23 mai à Londres son rapport annuel sur les droits de l’Homme dans le monde.
Selon Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International, une réelle prise de conscience émerge dans le monde sur le dossier des droits de l’Homme. "Nous voyons un changement dans l'opinion publique, a-t-elle déclaré. Les gouvernements, et parmi les plus puissants, sont amenés à rendre des comptes. Les gens protestent, par exemple contre l'érosion de l'interdiction de la torture. Nous avons vu en Europe l'indignation provoquée par les vols « secrets » de transports de prisonniers. La lutte contre l'impunité continue à gagner du terrain".
Mme Khan a souligné également le recul du "nombre global de conflits dans le monde", notamment en Afrique. D’autre part, d’après Amnesty International, 2005 a vu "l'une des plus grandes mobilisations de la société civile dans la lutte contre la pauvreté et dans le combat pour les droits économiques et sociaux". Une allusion entre autres aux concerts et manifestations qui ont marqué la campagne contre la pauvreté en marge du G8 de Gleneagles en Ecosse.
Cependant, Mme Khan s’est déclarée " optimiste, mais pas naïve". En effet, les droits de l’Homme ont continué à être malmenés en 2005, notamment en Afrique et au Proche-Orient. L’organisation aborde aussi le mépris des droits humains en Chine, en Russie, en Colombie et au Soudan, avec le drame de la province du Darfour.
Mais le rapport de 400 pages, qui liste 150 pays, dénonce aussi l’attitude des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d'autres pays européens qui pratiquent la torture ou prennent des libertés avec les droits de l’Homme au nom de la "guerre contre le terrorisme". Pour Irene Khan, la fermeture de Guantanamo, "symbole de l'abus de pouvoir des Etats-Unis", ainsi que la fin des massacres et des viols au Darfour, sont les principaux objectifs d'Amnesty en 2006