EADS, ou la faillite d'une gouvernance économique dépassée
EADS, ou la faillite d'une gouvernance économique dépassée
L'incapacité à tenir le programme d'industrialisation de l'A 380, venant après l'abandon du programme inconsidéré de l'A 350, le comportement de certains dirigeants ou actionnaires du groupe AEDES, cédant leurs titres avant la déconfiture annoncée, ne conduisent pas seulement au constat de la faillite économique et morale de quelques gouvernants d'une grande entreprise. Ces évènements désignent très clairement le lieu où doit porter l'effort de modernisation de nos sociétés.
La réforme de la gouvernance des grandes entreprises doit être désormais le combat prioritaire de toutes les forces de progrès. Les grandes décisions stratégiques ne peuvent être laissées à une poignée d'actionnaires seulement animés par des préoccupations financières ou de pouvoir personnel. Elles doivent associer tous les acteurs de l'entreprise, y compris les salariés. Les rémunérations des dirigeants doivent être réglementées. Les produits doivent être équitablement répartis entre salaires et dividendes.
Il est temps que tous les partis de gauche tirent les leçons de l'évolution économique de la planète. L'économie mondiale repose sur la grande entreprise agissant dans le cadre de l'économie de marché. L'heure n'est plus à la renationalisation de telle ou telle société, mais bien aux réformes législatives mettant les grandes entreprises au service d'objectifs qui ne soient pas seulement le rendement du capital investi. Il s'agit de faire sortir les grandes entreprises de l'Ancien Régime économique, et d'en faire les instruments d'une nouvelle solidarité.