Canicule : éviter les erreurs de lété 2003

Les grosses chaleurs qui se sont emparées du pays depuis quelques jours font craindre une nouvelle canicule meurtrière.
Le thermomètre a souvent frôlé les quarante degrés hier, mardi 18 juillet, notamment dans l’agglomération bordelaise où l’on a dénombré les premiers morts liés à la chaleur, une femme de 81 ans et un homme de 85 ans, des personnes qui, selon la préfecture de Gironde, souffraient de pathologies dont les conséquences ont été aggravées par la canicule. Mais afin d’éviter le fiasco de l’été 2003, où le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin avait paru hésitant et démuni face à la crise qui avait causé la mort de 15 000 personnes, le gouvernement a mis en place un plan canicule au niveau national.
Ce plan comporte quatre niveaux d’alerte progressifs. Le niveau 1, la vigilance, requiert de la part de l’InVS (Institut de veille sanitaire) et de Météo France, une veille climatique et sanitaire. Au second niveau, l’InVS alerte le ministre de la Santé, qui alerte à son tour les préfets des départements concernés. Le niveau suivant voit le Cogic (Comité interministériel de gestion des crises) entrer en action. Les préfets déclenchent des plans blancs (hôpitaux), rouge (secours) et vermeil (personnes vulnérables). Le dernier niveau prévoit un déploiement de l’armée, la réquisition des média et le renforcement des plans mis en place.
Actuellement, le niveau 2, qui concernait vingt-cinq départements en début de semaine, n’en concerne plus que onze, dont les agglomérations parisienne, lyonnaise et marseillaise.
Outre ce plan national de prévention de la canicule, de nombreuses initiatives locales sont prises et notamment celles qui permettent de lutter contre l’isolement des personnes âgées, qui fut une des causes principales du nombre de morts durant l’été 2003. Citons par exemple les initiatives prises par le conseil général des Alpes-Maritimes qui participe au financement d’un système de télésurveillance pour les retraités niçois ; la Mairie de Toulouse qui a mis en place une équipe de bénévoles chargée d’appeler quotidiennement une liste de 198 personnes considérées comme sensibles, ou encore certaines préfectures qui ont mis en place des permanences téléphoniques en plus du numéro national déjà existant.
Malgré ce plan national, et la grande campagne d’information sur les comportements à adopter, certains restent sceptiques quant au fonctionnement de celui-ci en cas de chaleur persistante. «Nous sommes déjà surchargés », affirme Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf). « Si la canicule s’installe, la situation va devenir ingérable » ajoute-t-il.
La situation est pour l’instant sous contrôle, et les leçons de la canicule 2003 semblent tirées, reste maintenant à savoir si tout fonctionnera comme prévu.