Lionel Jospin, second retrait

Lionel Jospin l’a confirmé ce jeudi 28 septembre, il ne sera pas candidat à l’investiture socialiste pour l’élection présidentielle de mai 2007.
Le Parti Socialiste attendait depuis longtemps qu’il prenne une décision, afin que les militants y voient plus clair, il l’aurait annoncé hier soir à des proches dans une brasserie parisienne du 18e arrondissement et l’a réaffirmé ce matin sur RTL.
«J’avais mis comme condition à ma candidature possible de pouvoir rassembler. Je constate que ce rassemblement n’a pas pu se faire autour de moi», a déclaré l’ancien Premier ministre, avant d’ajouter «faute de pouvoir rassembler, je ne veux pas diviser».
Lionel Jospin avait déjà dénoncé les trop nombreuses candidatures à l’investiture socialiste, il ne souhaitait en rajouter une avec la sienne. Il laisse désormais le champ libre aux quatre prétendants, plus ou moins déclarés, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Jack Lang.
Un retrait mais pas de soutien
Si l’ancien Premier ministre décide de se retirer de la course à l’investiture, il ne dit pas quel sera son choix au moment des primaires du parti qui se tiendront le 16 novembre. Seule chose que l’on sache, c’est qu’il ne soutiendra pas Ségolène Royal, il l’a clairement fais comprendre au cours de son interview de ce matin. «Oui, je ne ferai pas ce choix. En ferai-je un autre ? J’ai besoin d’entendre ceux qui seront les acteurs de la campagne interne».
Celui qui a gouverné la France de 1997 à 2002 dit ne pas être «triste» de cette décision qu’il a «beaucoup hésité» à prendre. «J’ai pris la décision la plus sage», a-t-il dit, regrettant tout de même «les pressions ou les tentatives d’intimidation qui se sont opérées ces derniers jours et qui témoignent d’ailleurs d’une curieuse nervosité». Allusion aux propos tenu par un député socialiste et partisan de Ségolène Royal, qui appelait à une manifestation devant son domicile.
Lionel Jospin ne renonce pas pour autant à la vie politique, «si la vie politique c’est le débat citoyen, c’est les problèmes du pays, ce sont les idées, les valeurs, les principes auxquels je crois toujours et que j’ai défendus à la tête du Parti Socialiste, d’une part, à la tête du gouvernement, d’autre part, alors je suis moins que jamais à la retraite, et je dirais même moins que jamais en retrait». Il a cependant assuré qu’il n’occuperait pas de poste ministériel en cas de victoire de la gauche en mai prochain.
Commentaires
Cette décision a suscité de nombreux commentaires, notamment au Parti Socialiste. Son Premier secrétaire, François Hollande, a salué «une décision sage et empreinte de responsabilité», Laurent Fabius a déclaré avoir «un sentiment de respect» à l’égard de Lionel Jospin, quant à Jack Lang, autre prétendant à l’investiture, il est le seul à «déplorer» ce retrait.
Lionel Jospin souhaitait déposer sa candidature si celle-ci était «utile», sa non candidature risque en tous cas d’être utile à la clarification du débat au sein du Parti Socialiste.