La privatisation de GDF votée
Le projet de loi privatisant GDF afin de permettre sa fusion avec Suez a été voté mardi 3 octobre par les députés, alors que des manifestations syndicales avaient lieu.
Après plus de 120 heures de discussions parlementaires, le texte a été adopté par 327 voix contre 212. Le PS et le PCF ont voté contre ainsi que l'UDF, à l'exception de deux de ses membres. A l’UMP, sur 362 députés, 10 ont voté contre, 7 se sont abstenus et 22 n'ont pas pris part au vote.
La gauche aura mené une bataille parlementaire sans précédent (137 647 amendements ont été déposés) afin de dénoncer un projet mettant "en danger l'indépendance énergétique de la France" et "la remise en cause du droit à l'énergie".
Mardi, dans un hémicycle bondé, elle a une nouvelle fois mis Nicolas Sarkozy devant ses contradictions. En 2004, le n°2 du gouvernement s’était engagé à ne par privatiser GDF. Finalement, il s’est rallié le 15 août dernier au texte voulu d'abord par Dominique de Villepin pour faire face à une menace d'OPA de l'Italien Enel sur Suez.
Dans ce dossier, le Premier ministre a ainsi réussi à dompter la fronde des députés UMP, qui l'avaient forcé au printemps à repousser à l'automne l'examen initialement prévu en juin, et a éviter de passer en force par le recours à l'article 49.3 de la Constitution, qui permet une adoption sans vote d’un texte de loi.
Le projet, déposé en urgence (une lecture par assemblée), est maintenant renvoyé au Sénat. La gauche a annoncé qu'elle déposerait un recours devant le Conseil constitutionnel.
Pendant les débats parlementaires, des manifestations ont eu lieu pour dénoncer la privatisation de GDF. A Paris, entre 2 500 (selon la police) et 15 000 (selon les organisateurs) personnes ont défilé, à l'appel des fédérations de l'Energie CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa et Sud. Quelques incidents ont opposé manifestations et forces de l’ordre aux abords du Palais Bourbon.