Soldat de la paix
Tranchant avec hauteur depuis le confort de leurs salons parisiens, les témoins assistés de l'impuissance française à changer le cours des choses là où ce serait nécessaire, Liban, Palestine ou Côte d'Ivoire, se rassemblent en meute pour hurler à l'amateurisme prétendu, sur le terrain diplomatique, de la candidate de la gauche à l'élection présidentielle.Ce faisant, les hérauts de la droite, avouable ou camouflée, démontrent surtout, par leur unité tout soudain retrouvée, la crainte commune que leur inspire le souffle puissant de renouveau qui balaye le paysage politique français.
Il n'est nul besoin de commentaire ou d'explication à tel propos ou tel silence de Ségolène Royal au Liban, en Palestine ou en Israël. L'essentiel est dans le geste de la candidate qui, au lendemain de sa désignation, se rend sans armes ni détours sur les lieux mêmes où se joue, plus qu'ailleurs, le sort du monde. Ce n'est pas seulement le geste du courage, c'est aussi celui de la lucidité. Celui-là, et celle-ci, que l'on en est en droit d'exiger de tout prétendant aux responsabilités suprêmes. On attend avec intérêt les prochains déplacements de Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen à Beyrouth, Gaza et Jérusalem.
Le choix des français est aujourd'hui plus clair. Il est entre l'audace de celle qui s'expose en zone de conflit, et la prudence de celui qui cherche, à Washington, l'appui du suzerain.
A la complaisance pour les fauteurs de guerre, les françaises et les français préfèreront sans nul doute l'élan du soldat de la paix.
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