Coup de gueule

Je surfais ce week end sur la toile afin de lire ça et là les réactions à la mort d'Augusto Pinochet et, sans véritable surprise, je trouvais de nombreux posts mettant en valeur sa vie et son oeuvre.
Sans surprise, car la grande majorité des auteurs de ces messages n'ont connu cette ordure que par la presse et les médias, et n'ont jamais ne serait-ce qu'approché la souffrance d'un homme, d'une femme qui se prenait de plein fouet la répression, violente, tant psychologique que physique, mordant l'esprit et les chairs. Ces internautes, plantés devant leur écran, dans un pays où ils peuvent déverser librement leur haine, oublient que la liberté a un coût qu'ont payé pour eux tous les opposants aux régimes totalitaires, par leur sang, par leurs vies.
Sans surprise, car en ce temps de campagne électorale, les messages d'exclusion, de répression passent de plus en plus inaperçu ; comme si bon nombre de nos concitoyens trouvaient normal de se laver les mains de la société dans laquelle ils vivent en sous traitant la résolution des problèmes à des politiques qui extrêmisent leurs discours afin de satisfaire les instincts les plus malsains : mineurs en prison, étrangers dehors, Afrique stérilisée...
A force de surenchérir dans le ridicule sécuritaire, ils mettent de côté une réalité qui va leur revenir en pleine figure : si notre société ne tient pas compte des plus faibles, nul ne sera à l’abri de se voir – ou de voir l’un de ses proches – touché directement par l’une de ses exclusions. A force d’écouter béatement sans vérifier les chiffres, ils se font une idée de notre société où un tiers des « jeunes » n’aurait comme seul but de les agresser en toute impunité…Bêtise crasse, ignorance idiote si l’on se rend compte que 5 % des crimes et délits sont le fait de « jeunes » récidivistes dans le cadre de 32 % d’affaires élucidées – faîtes le calcul, et vous verrez que cela n’arrive pas à la cheville des morts sur la route causées par des chauffards alcooliques et que l’on est loin des femmes agressées par leur conjoint.
Sans surprise, car il faut peut être avoir été Chilien sous le régime de Pinochet, Soviétique sous le joug des Tsars Rouges, Allemand sous le régime nazi pour savoir au plus profond de son corps et de son âme que la répression ne résout rien, que les coups et l’emprisonnement ne change pas l’individu, que la désinformation ne permet que l’ignorance.
Pinochet est mort hier, et aujourd’hui je pensais à une Chilienne qui vit à présent à Dax, et dont le mari a souffert à mort là-bas. J’ai honte de ces discours, j’ai honte de ces gens qui pensent « répression » avant « éducation ».
Si je suis Radical de gauche aujourd’hui, si je soutiens une candidate qui prône un changement profond de notre société dans le respect de toutes et de tous, c’est sans doute que loin d’occulter les problèmes profonds de notre vie de tous les jours, je ne permettrais à personne de mettre en péril les acquis humanistes de notre pays et, avec surprise, je me rends compte que certains le souhaitent