Les propositions fiscales de Nicolas Sarkozy : un vrai choix de société

L'objectif de réduction de 4 points du niveau des prélèvements obligatoires reflète la vieille conviction des conservateurs libéraux selon laquelle l'économie se porte mieux lorsque la collectivité publique demande moins aux contribuables. Le projet d'un bouclier fiscal à 50%, également inspiré de méfiance à l'égard d'un impôt dont il faudrait se protéger, n'a pas d'autre objet réel que celui d'alléger la contribution des catégories les plus fortunées.
La forte baisse du niveau de pression fiscale envisagée par le candidat de la droite est en réalité inaccessible. Elle ne pourrait s'obtenir qu'au prix d'une réduction des moyens de l'Etat, ou d'un fort abaissement du niveau de la protection sociale. La première est à exclure, l'Etat français étant déjà, de tous les Etats européens, l'un des plus démunis au point de vue des ressources prélevées à son bénéfice, alors que des services publics essentiels, y compris ceux de la sécurité ou de la justice, demandent à être davantage pourvus. Ni le contexte démographique, ni les exigences modernes en matière de santé, ni les aspirations fondamentales des français en matière de protection sociale, ne permettent d'envisager d'économies significatives en ce domaine. L'engagement de forte baisse des prélèvements obligatoires ne pourra donc être tenu.
Reste la question de la redistribution des charges, qui elle, peut évoluer. Soit dans le sens déjà suivi depuis quelques années, et que le candidat de l'UMP prévoit d'emprunter plus résolument, consistant à préserver les grandes fortunes et les revenus les plus élevés. Soit au contraire par un retour vers une politique où la liberté d'entreprendre n'est pas incompatible avec la justice fiscale, où il est demandé de participer davantage à ceux qui ont davantage de moyens, où l'impôt n'est pas seulement le moyen de financer d'indispensables dépenses publiques, mais aussi celui de rapprocher les conditions sociales.
La politique fiscale de Nicolas Sarkozy est, clairement, celle d'une préférence pour une société du chacun pour soi. A laquelle devra être opposée la politique fiscale d'un projet de société solidaire.
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article