Etats-Unis : des dizaines de milliers de manifestants contre la guerre en Irak
Une grande manifestation, réunissant 500 000 personnes selon les organisateurs, a eu lieu samedi 27 janvier à Washington.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi sur la grande esplanade au pied du Capitole. Parmi elles, des vedettes comme Jane Fonda, déjà engagée contre la guerre au Vietnam il y a une trentaine d’années, Susan Sarandon ou encore Sean Penn.
Comme d’habitude, la police a refusé d’estimer l'ampleur de la foule, que les organisateurs ont évaluée à 500 000 participants. Le collectif "United for peace and justice" ("Unis pour la paix et la justice") avait déjà rassemblé en septembre 2005 à Washington une foule de 100 000 à 300 000 personnes.
Parmi les banderoles ou les slogans entonnés, on trouvait notamment "L'escalade en Irak? sens interdit" ou encore "ramenez les troupes maintenant!" Les manifestants s’adressaient au président George W. Bush mais surtout au Congrès, à majorité démocrate depuis les élections de mi-mandat, en novembre, dont la campagne a été dominée par la guerre en Irak.
Cependant, l’état-major des démocrates rechigne à priver le président américain de nouveau fonds pour le conflit. En revanche, plusieurs candidats à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2008 ont annoncé vouloir empêcher l’administration d’envoyer de nouveaux hommes en Irak, où 140 000 militaires américains sont déjà présents.
Cette manifestation intervient alors que le Sénat pourrait adopter sous peu des résolutions non contraignantes dénonçant la nouvelle stratégie annoncée par le président Bush qui inclue le déploiement de 21 500 militaires supplémentaires.
Du côté des républicains, de plus en plus de voix se font entendre pour exprimer leur réprobation devant la conduite de la guerre.
Par ailleurs, selon un sondage publié samedi dans le magazine Newsweek, la côte de popularité du président américain après le discours présidentiel sur l'état de l'Union, mardi dernier poursuit sa chute, avec seulement 30% de satisfaits. 67% des Américains estiment que ses décisions sur l'Irak et dans d'autres domaines sont davantage guidées par ses croyances personnelles que par la réalité.