Jean Moulin et l'Humanisme

« Moins envoûté que nous sur la civilisation matérielle, les auteurs Grecs et Latins sont plus dépouillés de convention et leur discipline est plus près de la nature. Aucun des grands problèmes de l’esprit n’a échappé à leur examen, aucun des drames de l’humanité ne les a laissés indifférents. Nul n’a mieux sondé l’âme humaine, mis en lumière ses faiblesses, exalté sa grandeur.
Et d’être allés très loin dans l’étude intérieur de l’homme leur a donné le sens de la mesure et de l’harmonie, éléments essentiels de la sagesse et principes de la poésie…
…D’avoir sondé les possibilités de l’homme leur a conféré cette foi dans ses destinées qui nous assure à jamais de précieux exemples de volonté et d’énergie.
Beaucoup de détracteurs des humanités ne voient dans leur enseignement qu’un attardement de l’esprit à des choses mortes, qu’une réaction préjudiciable à une complète libération intellectuelle et sociale…
…C’est vouloir ignorer de, parti pris, la constante jeunesse des textes anciens, de même que l’indépendance d’esprit de leurs auteurs, indépendance qui dans la pensée grecque, notamment, atteint des hauteurs jamais dépassées».
Ce discours était un exercice de commande pour Jean Moulin, mais en l’écrivant, il avait pensé à son père, lettré, humaniste et Conseiller général Radical socialiste, et fut transmit par sa sœur, Laure Moulin, après sa mort.
À cause de ses idées républicaines marqué à gauche comme radical-socialiste et de son appartenance maçonnique, il est révoqué par le Régime de Vichy du Maréchal Philippe Pétain le 2 novembre 1940 et placé en disponibilité.
Jean Moulin fut torturé et assassiné par la Gestapo en juillet 1943 ; il fut le plus jeune Préfet de France à 38 ans et le Président du Conseil national de la Résistance.
Sa dépouille fut transférée au Panthéon le 19 décembre 1964.
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