Discours de Jean-Philippe Guerini au Meeting de Saint Paul Les Dax

Lorsque nous avons décidé à une grande majorité, lors de notre congrès extraordinaire d’octobre dernier, de soutenir le candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle, nous ne savions pas qui nous représenterait, mais nous répondions à la volonté de soutenir une gauche de gouvernement unie et volontaire dans ses souhaits de modernité.
Aujourd’hui ; nous en sommes fiers : notre engagement aux côtés de Ségolène Royal se trouve conforté par le projet clair et cohérent qu’elle a dessinée, par les moyens qu’elle a mis en œuvre pour le construire – les débats participatifs – et pour le présenter – le pacte présidentiel -. Forte de sa méthode, elle a su conserver le temps politique qu’elle avait choisi. En résistant aux pressions médiatiques et à l’acharnement de l’équipe de Sarkozy, elle a fait preuve de fermeté et de responsabilité, des qualités essentielles pour gouverner un pays.
D’ailleurs, nous avons pu vérifier hier la différence de méthode et de choix de société entre notre candidate qui a, durant des mois, mise en place des débats participatifs avec les citoyens, qui s’est déplacé partout pour entendre, voir et comprendre et un candidat qui chamboule son emploi du temps par peur de 300 personnes, manifestants démocratiquement leur opposition à son programme et qui n’a toujours pas mis les pieds dans certains quartier de la banlieue parisienne.
le courage n’est pas toujours un mot à prononcer au masculin.
Le courage au féminin s’affirme chaque jour dans ce qui devra être l’un de nos combats du prochain septennat ; violences conjugales, discrimination, inégalités aux travail…aujourd’hui rejoint par une remise en cause de certains droits acquis, tel l’interruption volontaire de grossesse.
Gouverner un pays, nous guider vers un avenir rendu difficile à cerner et à maîtriser par les crises internationales, par l’avidité de l’utra libéralisme économique, par la montée des intégrismes tant religieux que politique, c’est la mission aujourd’hui de notre candidate et de celles et ceux qui constitueront son équipe gouvernementale, sa majorité parlementaire, mais aussi tous les relais locaux dont chacune et chacun de nous seront des acteurs attentifs.
La gauche ne serait pas la gauche si elle ne s’employait à répondre aux besoins des plus fragiles et il est de notre devoir de créer les conditions d’une France plus juste.
Une France plus forte, c’est aussi un pays aux fondations démocratiques solides.
Au cours de ces derniers mois, la candidate du rassemblement de la gauche a renouvelé la pratique politique en construisant le cadre d’un partage des réflexions et des propositions entre les citoyens et le pouvoir. La réforme des institutions doit s’inspirer de cette méthode qui a rencontré un grand succès. Pour autant, les radicaux demeurent attachés à l’idée d’une VIème République qui serait vraiment capable de donner un nouveau souffle à la démocratie française.
Pour relayer l’ambition d’une gauche moderne, nous devons mobiliser encore davantage et déployer tous nos efforts vers ceux qui hésitent encore. Le Pacte présidentiel nous permettra de battre la droite qui s’efforce de porter le débat sur les attaques personnelles pour faire oublier son propre bilan et l’inconsistance de son programme. Les 100 propositions de Ségolène sont autant de raisons d’espérer offrir un nouvel avenir à nos concitoyens. Les radicaux seront les artisans de ce changement.
Nous sommes à moins de 20 jours du premier tour de cette élection présidentielle, nous avons moins de vingt jours pour entraîner nos proches, nos amis, nos collègues dans cet espoir politique que représente une gauche attentive aux grandes transformations sociales, qui voit la France d'aujourd'hui telle qu'elle est, et pose qu'il n'est pas d'identité nationale légitime ailleurs que dans l'appartenance de tous les citoyens, quels que soient leurs origines ou leurs convictions, à une même République, également respectueuse des droits, de l'histoire et de la dignité de chacun.
Une gauche qui refuse la fatalité de la séparation entre les gouvernants et les gouvernés, qui refuse l'excessive concentration des pouvoirs entre les mains d'un seul, qui veut la réforme démocratique de nos institutions politiques.
Une gauche qui fait de l'éducation une priorité, de la laïcité une exigence, de l'Europe, l'horizon proche de nouvelles solidarités.
une gauche qui pense l'avenir peut exister en dehors de la lutte des classes, et sait que la liberté d'entreprendre est le meilleur ressort du progrès, lorsqu'elle sait se déployer sans oublier l'impératif de solidarité.
Les radicaux de gauche n'ont nul regret que la gauche dont ils rêvent de longue date soit désormais un désir d'avenir partagé, à gauche, par beaucoup d'autres. Car c'est seulement au prix de ce partage que du désir pourra surgir le possible.
Je vous remercie.
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