Une belle campagne ou l'avènement de la gauche réaliste
De longs mois durant, Ségolène Royal n’a pas été épargnée par les attaques venues de toutes parts. Sa prétendue incompétence, son incapacité supposée à exercer la plus haute fonction de l’Etat, le flou qui aurait été celui de son programme ont été maintes fois dénoncés, avec force, par ses adversaires. En particulier par les responsables de l’UMP qui gèrent la France depuis cinq ans, avec un Président de la République inexistant, des gouvernements successifs qui n’ont pas su apporter des réponses aux difficultés immenses de la France pas plus qu’au désarroi profond dans lequel sont plongés nombre de Français. Des gouvernements auxquels Nicolas Sarkozy a été l’un des principaux membres, ce qu’il feint aujourd’hui d’ignorer pour ne pas endosser la responsabilité de ce bilan désastreux et des dérives trop nombreuses ayant marqué ce sinistre quinquennat.
Contre vents et marées, résistant aux attaques et basses manœuvres d’une droite dure, sans scrupules ni principes, Ségolène Royal a montré qu’elle avait une véritable stature de Chef d’Etat, qu’elle connaissait non seulement les dossiers mais également les préoccupations quotidiennes des Français, qu’elle proposait un véritable projet pour notre pays. Elle a fixé les grandes lignes de son action à la tête de l’Etat pour que la solidarité, l’efficacité, la fraternité, la rénovation permettent d’envisager un avenir meilleur pour tous les Français.
Alors que s’achève cette campagne, les petits candidats ont été victimes du vote utile au premier tour. Qu’en aurait-il été d’un candidat radical ? Les Radicaux de Gauche peuvent se féliciter que Christiane Taubira ait été si dynamique, si sollicitée par Ségolène Royal, dont elle a été la déléguée à l’expression républicaine. Son charisme, sa puissance de persuasion, ses idées novatrices ont contribué à embellir cette belle campagne que nous avons tous vécue. Cette belle campagne à la réussite de laquelle de nombreuses fédérations et les militants radicaux enthousiastes ont largement contribué.
Si de nombreux responsables et militants radicaux ont été très actifs dans cette campagne, on peut émettre le regret que le PRG lui-même n’ait pas toujours été audible durant cette période. Certes, les Radicaux de Gauche se sont mobilisés pour la victoire de Ségolène Royal, mais les efforts de nombre d’entre nous ont quelques fois manqué de soutien ; un bulletin radical qui donne, dans une phase où tout va très vite, des informations avec un retard important ; inexistence de comptes-rendus réguliers et substantiels du délégué du Parti auprès de l’équipe de Ségolène ROYAL ; Et la sensation que l’avenir du centre gauche commençait à se discuter sans nous. Tous les Radicaux, et ils sont nombreux, qui se sont fortement investis ont parfois eu le sentiment d’être abandonnés à eux-mêmes, ce qui est fort dommageable. Il sera nécessaire, à l’issue de cette élection, de débattre en toute sérénité du fonctionnement de notre parti en vue de pallier ces carences dans la perspective des scrutins à venir.
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Cette campagne présidentielle aura été, quel qu’en soit le résultat, marquée d’une profonde rénovation de la vie publique, d’une véritable métamorphose des méthodes de l’action politique et du lien qu’entretiennent les responsables politiques avec les citoyens.
D’abord, les citoyens ont été écoutés et entendus. C’est le grand mérite de Ségolène Royal d’avoir, avec les débats participatifs, donné la parole aux Français et d’avoir ainsi proposé un pacte présidentiel qui répondait aux vraies attentes des citoyens, que les appareils politiques ont depuis trop longtemps délaissés.
Ensuite, si la volonté de ne pas voir se reproduire le cauchemar du 21 avril 2002 a favorisé le vote utile et abouti à un duel classique droite dure – Nicolas Sarkozy et l’UMP – contre gauche moderne – Ségolène Royal et les forces de progrès qui la soutiennent –, l’on peut tirer deux enseignements de cette élection : d’une part, la vitalité retrouvée d’une gauche rassemblée et rénovée et, d’autre part, l’émergence d’un parti du centre dont l’électorat souhaite dépasser les affrontements bloc contre bloc. On ne peut préjuger du vote de ces électeurs et il est trop tôt pour dire ce qu’il adviendra du Parti démocrate qui se crée. Il n’en demeure pas moins que le paysage politique se trouve considérablement modifié et, le moment venu, tous les enseignements devront être tirés de ce changement fondamental.
Enfin, cette élection a été marquée par une très profonde modification des lignes de clivage politique. Ségolène Royal, en reprenant – enfin – à son compte des principes et valeurs que la gauche avait abandonnés à la droite, a provoqué un recentrage du Parti socialiste et bouleversé les schémas traditionnels. Il était temps. Les Radicaux de Gauche ne peuvent que s’en féliciter, eux qui ont toujours été partisan d’une gauche réaliste (Michel Crépeau en 1981), moderne (Jean-Michel Baylet dès 1983), proche des citoyens et à leur écoute. On pourrait se plaindre d’avoir eu raison trop tôt, se lamenter de voir les valeur, idées et propositions radicales récupérées par les socialistes. C’est le refrain habituel. Il vaudrait mieux se satisfaire que les valeurs et idées radicales soient aujourd’hui reprises, car l’essentiel, dans la vie publique, est de voir triompher ses idées, et non courir frénétiquement après quelques strapontins ministériels gracieusement octroyés par d’autres. Dans la recomposition qui ne manquera pas de s’opérer, les Radicaux de Gauche devront trouver toute leur place et, là encore, nous aurons à l’avenir le loisir d’en débattre.
Rien ne sera plus comme avant. En étant à l’écoute des citoyens et en s’échappant du carcan des appareils politiques sclérosés, déconnectés de la société réelle, plus occupés à des querelles intestines qu’à apporter des propositions nouvelles et audacieuses pour améliorer le sort de nos concitoyens, Ségolène Royal a donné une nouvelle vivacité à la démocratie. Les partis politiques, et le PRG pour ce qui nous concerne, ne pourront pas faire la sourde oreille et demeurer insensibles à cette volonté de rénovation que les Français ont exigé par leur vote.
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L’heure de vérité est proche.
Quoiqu’en disent les sondages qui se sont toujours trompés lors des échéances récentes (2002, 2004, 2005), rien n’est encore joué dans cette élection qui est plus imprévisible que toutes celles que l’on a connues jusqu’à présent. Ségolène Royal peut gagner, et toutes nos énergies doivent être mobilisées pour donner des chances à cette espérance, pour permettre cette victoire des forces du progrès et de la modernité.
Les Radicaux de Gauche sont, pour le peu de temps qui reste, au premier rang de cette mobilisation afin de voir triompher la gauche moderne et réaliste, et les idéaux qui sont les leurs depuis toujours. Et la volonté, la détermination, l’énergie des Radicaux est sans faille, dans cette dernière ligne droite, afin que le désir d’un avenir meilleur se transforme, dimanche, en une réalité, en un nouvel espoir pour la France.
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