Seine-Saint-Denis : un document sur la sécurité fait des vagues
La divulgation d’un rapport accablant sur les relations entre la police et la population de la Seine-Saint-Denis, samedi 2 juin, a provoqué de nombreux remous jusqu’au ministère de l’Intérieur.
Ce rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes), qui dépend du ministère de l'Intérieur, a été finalisé en 2006 mais n’avait pas été rendu public, ce qui a entraîné de nombreuses réactions indignées à gauche. Selon ce document, un "climat d'insécurité permanent" existe en Seine-Saint-Denis. Il indique que "les relations actuelles entre la police et la population" y "sont difficiles et empreintes de tensions évidentes". Il évoque une "déferlante de violence" avec un "nombre croissant de mineurs" mis en cause dans la délinquance.
De nombreuses propositions sont avancées pour changer la situation, entre autres un rapprochement "plus direct" des populations des quartiers sensibles et de la police sur "initiative" de celle-ci, un effort sur l'accueil dans les commissariats et sur les victimes, un rapprochement avec les acteurs locaux, mais aussi la fidélisation de policiers souvent jeunes et inexpérimentés ou encore la remise en place d’une "police du quotidien dans le quartier" qui viserait à "réétudier" une forme de police de proximité.
De nombreuses réactions d’associations, de syndicats et d’hommes politiques et syndicales sont intervenues après la divulgation de ce rapport, à quelques jours du premier tour des élections législatives. François Hollande, premier secrétaire du PS, a jugé lundi qu'il fallait le prendre "très au sérieux". Un peu plus tard, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie a annoncé une réunion "dans les 48 heures" avec la police et les élus du département.