Réactions françaises à l'accord de Bruxelles: mêmes clivages qu'en 2005
La réaction des politiques français à l'accord européen de Bruxelles a épousé les lignes de clivage sur la constitution de 2005: enthousiasme des partisans du oui à droite, accueil mitigé à gauche, tandis que les "nonistes" dénonçaient une "violation" du vote des Français.
"Grâce à ce succès, l'Europe est relancée", s'est réjoui le Premier ministre François Fillon pour qui l'accord a été "obtenu" par Nicolas Sarkozy. "La France aujourd'hui est bel et bien au centre du jeu en Europe", se réjouit-il.
A l'UMP, Patrick Devedjian a imputé aussi l'accord à "l'engagement personnel de Nicolas Sarkozy", qui "a permis de convaincre l'ensemble des partenaires de la France".
"Le plan B, c'était donc Sarkozy", s'est exclamé André Rossinot, co-président du Parti radical associé à l'UMP.
Pour l'eurodéputé Alain Lamassoure, "la formule du traité simplifié était bien la bonne" tandis que Pierre Lequiller, président de la délégation pour l'UE à l'Assemblée, a salué un "accord historique".
Mais le Premier secrétaire du PS François Hollande, qui avait appelé à voter oui au traité constitutionnel, mais qui depuis estime qu'il faut tenir compte du "non" français, a dénoncé un "compromis douloureux pour l'esprit européen". "Ce n'est pas un traité simplifié qui a été adopté. C'est un petit traité qui est en voie d'être rédigé. C'est une Europe qui s'est elle-même limitée dans son ambition", dénonce-t-il.
D'autres socialistes favorables au oui sont plus positifs: Dominique Strauss-Kahn s'est réjoui du "déblocage de la procédure européenne", même si c'est à "un coût trop élevé".
Pour Elisabeth Guigou, ex-ministre des Affaires européennes, "c'est bien de sortir du blocage" mais c'est dommage qu'il faille attendre dix ans pour appliquer de nouvelles règles de décision".
"Nicolas Sarkozy aura été un bon ouvrier de l'Europe" et "aura réussi avec Angela Merkel à sortir de l'enlisement la construction européenne", s'est exclamé Jack Lang.
Pour Bernard Poignant, président de la délégation socialiste française au Parlement européen, "mieux vaut un Traité simplifié que pas de traité du tout".
Egalement dans le camp du oui, les Verts ont exprimé une "satisfaction relative". L'accord de Bruxelles, selon eux, a "sauvegardé certains points essentiels" du traité constitutionnel européen, mais n'est "qu'une étape intermédiaire vers une véritable constitution".
Pour l'eurodéputé Vert Daniel Cohn-Bendit, farouche pro-européen, le "résultat est déprimant": "c'est la prime aux méchants, plus vous dites non, plus vous gagnez".
Du côté des partisans du non, Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS, a fustigé l'accord: "l'adoption de la substance de la Constitution européenne sous un nouveau nom est une grave violation des principes démocratiques".
L'eurodéputé PS Vincent Peillon a dénoncé "un mini traité": "la substance même de l'Europe intégrée est en train de disparaître".
Pour la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, qualifier l'accord de "grande victoire" est une "manipulation" visant à "effacer le non" français à la constitution de l'UE.
Quant au souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, ex-UMP, il a dénoncé une "Constitution light" qui "malgré quelques rééquilibrages positifs", reprend "le coeur de la Constitution européenne".
John Thys AFP/Archives ¦ "Grâce à ce succès, l'Europe est relancée", s'est réjoui le Premier ministre François Fillon pour qui l'accord a été "obtenu" par Nicolas Sarkozy. "La France aujourd'hui est bel et bien au centre du jeu en Europe", se réjouit-il.