Le cabinet très catholique de Christine Boutin

Proche de personnalités de gauche, le nouveau chargé de mission pour les relations avec les acteurs locaux "se réjouit d'appartenir à un pays où les convictions religieuses n'empêchent pas d'exercer un certain nombre de responsabilités", rapporte La Croix du 25 juin. Le mélange des genres demeure toutefois exceptionnel. Au XXe siècle, les exemples les plus connus restent ceux de l'abbé Pierre, député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951, et du chanoine Félix Kir, maire de Dijon, député de Côte-d'Or de 1945 à 1967. En acceptant d'entrer en politique auprès de Mme Boutin, le prêtre salésien de Don Bosco, également polytechnicien, rejoint une équipe marquée par une coloration chrétienne inédite.
A sa tête, la ministre aux convictions catholiques revendiquées a conservé son titre de "consulteur" auprès du Conseil pontifical pour la famille. Cette instance vaticane, notamment chargée de promouvoir les "initiatives de défense de la vie humaine de la conception à la mort naturelle", compte 39 consulteurs à travers le monde. Cette fonction, que Mme Boutin occupe depuis 1996, lui vaut d'être "consultée pour son expertise sur la politique familiale". "Elle n'est allée au Vatican qu'une ou deux fois, insiste son cabinet. Il n'y a aucun lien de subordination et aucune incompatibilité avec ses nouvelles fonctions." Un avis partagé par la nonciature apostolique à Paris.
Au-delà de ses propres engagements, Mme Boutin s'est entourée de personnalités connues pour leur proximité avec des mouvements catholiques conservateurs. C'est le cas de son directeur de cabinet, le préfet Jean-Paul Bolufer, issu de la droite catholique dure et militante, réputé pour ses prises de position contre l'avortement ou l'homosexualité. C'est également le cas de Christine de Chefdebien, sa conseillère technique chargée de la politique de la ville et des relations avec les acteurs locaux. En 1992, elle avait été condamnée à quatre mois de prison avec sursis et 3 000 francs d'amende - une peine ramenée en appel à 5 000 francs - pour avoir participé à un commando anti-avortement dans le service gynécologique du centre hospitalier de Pau.