Tour de France : la télévision publique allemande suspend la retransmission

Les chaînes ARD et ZDF ont pris cette décision mercredi 18 juillet, après qu?un coureur allemand a été contrôlé positif.
L'élément déclencheur de cette décision a été le contrôle antidopage positif de Patrik Sinkewitz, membre de la formation T-Mobile. L'échantillon A prélevé le 8 juin dernier sur ce cycliste de 26 ans a révélé la présence d?un excès de testostérone. Sinkewitz a quitté le tour dimanche soir, après avoir violemment percuté un spectateur à l?issue de la 8e étape du Tour de France.
"Nous ne pouvons pas diffuser une épreuve avec des équipes et des coureurs sur lesquels plane le soupçon du dopage", a expliqué mercredi Nikolaus Brender, le rédacteur en chef de la ZDF lors du journal de l'après-midi de cette chaîne publique, qui diffusait le Tour en direct en alternance avec ARD. "Nous voulons montrer par ce geste que nous sommes prêts à soutenir le cyclisme si et seulement s'il est propre, c'est-à-dire sans produits dopants et prohibés. C'est un avertissement au cyclisme et à tous les autres sports."
ZDF et ARD ont indiqué dans un communiqué commun que la suspension de diffusion serait valable jusqu'à "éclaircissement du cas Patrik Sinkewitz". Si l'éventuelle contre-expertise confirmait les résultats de l'échantillon A, les deux chaînes publiques ne devraient pas reprendre la retransmission. En attendant, c?est la chaîne privée Sat.1 qui diffuse les images de la Grande Boucle.
Au printemps, ZDF et ARD avaient déjà averti qu'elles retireraient toute épreuve cycliste de leur antenne à la première affaire de dopage. Le cyclisme allemand est en effet confronté depuis plusieurs années à de nombreux scandales impliquant de célèbres coureurs, comme Jan Ullrich, vainqueur du Tour de France en 1997, ou encore Erik Zabel, six fois lauréat du Maillot vert de meilleur sprinteur.
Fin juin, les révélations ?grassement monnayées - de Jörg Jaschke dans l?hebdomadaire Der Spiegel ont aussi fait grand bruit. Le vainqueur de Paris-Nice 2004 a confié avoir eu recours à l'EPO et aux hormones de croissance et a affirmé que le système de dopage était généralisé dans l'équipe générale T-Mobile (ex-Telekom).