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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

libération des infirmières bulgares

24 Juillet 2007 , Rédigé par Jean-Philippe Guerini Publié dans #prglandes.org

Les infirmières et le médecin bulgares, libérées mardi matin, ont servi de boucs émissaires aux autorités de Libye pour expliquer une épidémie de sida auprès de leur opinion publique, estimaient généralement les Bulgares.

"Ce sont des boucs émissaires. Les accusations à leur égard devaient cacher le fait que la santé publique libyenne est responsable de l'épidémie de sida en raison de la mauvaise hygiène dans l'hôpital de Benghazi" (nord), avait déclaré l'analyste Vladimir Tchoukov, à la mi-juillet, avant la libération des infirmières et du médecin.

Dès leur première condamnation à mort en 2004, la justice libyenne a ignoré les témoignages d'experts mondialement connus dont le co-découvreur du virus du sida, le Français Luc Montagnier, et l'Italien Vittorio Colizzi: tous concluent, comme l'université d'Oxford, que l'épidémie avait en fait commencé avant même l'arrivée des cinq infirmières bulgares et du médecin d'origine palestinienne.

Arrêtés en 1999, les six praticiens ont été condamnés en 2004 pour "assassinat avec préméditation" visant à "saper la sécurité de la Libye". Cette peine a été ensuite annulée par le Tribunal du peuple, qui traite des atteintes à la sécurité de l'Etat, faute de preuves.

Les infirmières et le médecin ont ensuite été à nouveau jugés, mais pour "provocation d'une épidémie de sida par injection deproduits contaminés", ce qui a conduit à une nouvelle peine de mort en 2006 - finalement commuée en prison à vie mardi. L'hypothèse d'une contamination "à des fins de recherche" a aussi été évoquée.

M. Tchoukov expliquait également ces décisions de justice par des motifs de politique intérieure libyenne.

"Benghazi, deuxième ville du pays, est en rivalité politique avec Tripoli. En février 2006, le gouvernement avait perdu le contrôle pendant une semaine de cette ville où le consulat italien avait été attaqué par la foule à l'occasion de publication (en Europe) de caricatures du prophète Mahomet", a déclaré le politologue.

La contamination de plus de 400 enfants à l'hôpital de Benghazi était donc "un problème délicat pour le colonel Mouammar Kadhafi", le dirigeant libyen, selon l'analyste.

De plus, d'après leurs familles notamment, les infirmières étaient "otages" de Tripoli dans ses tentatives pour obtenir la libération d'un officier libyen Abdel Basset Ali al-Megrahi, condamné à vie en 2001 en Grande-Bretagne pour l'explosion le 21 décembre 1988 au-dessus de Lockerbie (Ecosse) d'un Boeing 747 de la Pan Am qui a coûté la vie à 270 personnes.

"Chaque fois qu'il y a une évolution sur l'affaire Megrahi, il y a une évolution sur l'affaire des infirmières. Le parallèle saute aux yeux", a déclaré à l'AFP Ivaïlo Nikoltchovski, fils de l'infirmière Snejana Dimitriova.

"Les Libyens se moquent de nous. Ils feront traîner l'extradition jusqu'à ce que Megrahi soit libéré", redoute Guergana Ouzounova, fille de Valia Tcherveniachka.

Le ministre des Affaires étrangères Ivaïlo Kalfine a rejeté mercredi "tout lien" entre les deux affaires: "Megrahi fait appel, alors que la phase judiciaire est terminée pour nos compatriotes", et l'officier libyen est condamné pour un acte terroriste, alors que Bulgares "sont innocents", a souligné le ministre.

Pour M. Tchoukov cependant, "le procès des infirmières est un instrument de pression sur l'Union européenne", dont le Royaume-Uni comme la Bulgarie sont membres.

Pour le quotidien de gauche Standart, "la Libye a atteint tous ses objectifs dans cette affaire".

"Avec le paiement de dédommagement aux familles, la paix intérieure est sauvée. Il lui reste trois objectifs à atteindre: la libération de Megrahi, un ambassadeur des Etats-Unis à Tripoli et une visite de Condoleezza Rice" (secrétaire d'Etat américain), estime le journal.

Cependant la campagne nationale en faveur des détenues aura servi à la cohésion de la société bulgare, estime la politologue Roumiana Batchvarova: "Pour la première fois depuis la fin du communisme (en 1989) la société civile s'est manifestée par une campagne desolidarité".




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