Rugby: deuxième succès de la France sur l'Angleterre en préparation du Mondial

Une semaine après son succès à Twickenham (21-15), le XV de France a remporté son deuxième match préparatoire à la Coupe du monde, face à l'Angleterre 22-9, au terme d'une prestation accomplie samedi à Marseille.L'événement
En l'espace de sept jours, les Français ont ainsi accumulé deux succès, précieux pour le moral, avant d'achever la préparation du Mondial par une ultime rencontre "amicale" face au pays de Galles, le dimanche 26 août à Cardiff.
Surtout, le XV de France a gommé la plupart des lacunes apparues dans la banlieue de Londres. Le pack, chahuté le 11 août, a notamment été souverain en mêlée fermée et en touche.
Et les Français n'ont rien perdu de leurs qualités défensives, puisqu'ils n'ont pas encaissé d'essai en deux matches. Une performance à peine atténuée par le manque d'imagination des Anglais, dont le jeu monotone et stéréotypé n'a jamais inquiété la muraille française.
Match amical, annonçait l'affiche. Sous entendu, le face-à-face d'équipes censées affiner leur stratégie en vue de la Coupe du monde. Tester des joueurs pour l'avenir, et envoyer quelques ballons au grand large, pour éprouver les organismes.
Mais ce France - Angleterre fut avant tout un féroce combat, à tous les niveaux.
Devant, personne ne voulait céder le moindre centimètre, abandonner la moindre munition. La mêlée française retrouva la position "marche avant" après les difficultés de samedi dernier. Et l'on partagea équitablement les ballons en touche, grâce notamment à la rentrée d'Imanol Harinordoquy. Alors, on sortit les casques lourds pour arracher quelques munitions dans des mêlées ouvertes volcaniques.
Un hommage aux valeurs de combattant de Fabien Pelous, nouveau détenteur du record français des sélections (112) ? Les trois-quarts se mirent au diapason. Foin de grandes envolées, de courses dans les intervalles. On se défia gaillardement, dans un jeu monolithique, à un contre un. En attendant la faute adverse.
Et dans le domaine de la discipline, le XV de France réédita la performance de Twickenham, en défendant son camp avec énergie, tout en laissant très peu de fautes en chemin. Jonny Wilkinson ne tenta que deux pénalités en première période, pour une réussite. Alors que Jean-Baptiste Elissalde en passa quatre, permettant au XV de France de mener confortablement à la mi-temps (12-3).
Comment trouver des espaces au milieu des murailles ? Dans chaque camp, on retourna la question dans tous les sens à la mi-temps. Mais les Français possédaient un atout: ils attaquèrent la seconde période en supériorité numérique, à la suite de l'exclusion temporaire du deuxième ligne anglais Simon Shaw (40e).
Cette absence momentanée ouvrit peut-être un espace sur la première véritable attaque au grand large (42e). Elle permit surtout de récupérer un ballon en mêlée fermée à proximité de la ligne anglaise. Sur la sortie du ballon, Michalak croisa pour Jauzion dans un timing impeccable, pour l'essai en force au pied des poteaux (19-6, 50e).
Cet essai contribua à débrider le match. Et à décoincer l'ambiance. Les séquences défensives déclenchèrent les hurlements du Stade Vélodrome. Comme les avancées bravaches.
Un murmure de désapprobation descendit cependant des tribunes pour stigmatiser une gourmandise d'Harinordoquy, qui oublia de servir Heymans pour un essai tout fait qui eut scellé le cours du match (67e).
Qu'importe ! Le XV de France avait posé sa grosse patte sur le match. Et garda suffisamment de marge pour empocher un deuxième succès. Une victoire très convaincante, qui contribuera à nourir la confiance, à vingt jours du match d'ouverture de la Coupe du monde, face à l'Argentine, le 7 septembre au Stade de France.