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Fédération des Landes du Parti Radical de Gauche

Acheter du sexe n'est pas un sport

6 Mai 2006 , Rédigé par Béatrice Petit Publié dans #prglandes.org

Sur le mur pignon d’une maison close de Cologne, une affiche géante invite les supporteurs à se faire des «amies». L’Allemagne s’attend à une explosion du commerce du sexe à l’occasion de la Coupe du monde de football (photo Kaiser/ AFP).
 
Contre le Mondial de la prostitution

 

Dans un mois et demi débutera la Coupe du monde de football en Allemagne. Dans ce pays où la prostitution est légale, on s’attend à l’afflux de milliers de prostituées étrangères

Au bar qui jouxte le stade olympique, on attend déjà les dizaines de milliers de spectateurs, des hommes pour l’essentiel, qui vont affluer dans la capitale pendant la Coupe du monde. Les terrasses ont été agrandies, la bière va couler à flots, et « les prostituées aussi vont faire leurs profits », note le barman. « Berlin est une ville à part en Allemagne, explique-t-il. Elle n’a pas de quartier ‘‘rotlicht’’ (lampe rouge), où sont concentrées les prostituées dans les autres villes. Ici la prostitution est libre, sur la voix publique. Sauf à proximité des églises et des écoles. »

Petites ou grandes, il existe sans doute des centaines de maisons closes à Berlin. Mais la Coupe du monde va augmenter le flux des prostituées « contraintes ». La frontière avec la Pologne est considérée comme une passoire. S’il n’a rien contre la prostitution « libre », le barman condamne sans détour le trafic de « femmes souvent jetées à la rue ». On estime à 40 000 le nombre de prostituées étrangères qui, contraintes et forcées, pourraient être amenées sur les lieux de la Coupe du monde. Un chiffre que des associations féminines relativisent, le ramenant à plusieurs milliers.

Début mars, le Conseil allemand des femmes, qui regroupe une cinquantaine d’associations féminines, a lancé la campagne « carton rouge contre la prostitution forcée », pour mettre fin au « commerce d’esclaves » de ces femmes qui ont été attirées le plus souvent en Allemagne par des promesses de petits boulots pendant la Coupe du monde.

La campagne "Carton rouge"

Les associations de femmes des Églises catholique et protestantes participent à la campagne « Carton rouge ». Elles veulent « réagir tout de suite contre le trafic des femmes attirées ici par des promesses de travail, et qui se retrouvent ensuite sans aucun moyen de retour, contraintes de se prostituer, souligne Suzanne Wundling, de la Fédération des femmes catholiques, à Würzburg.

« Consacrer son énergie à lutter contre la “prostitution forcée” ne signifie en aucune façon approuver la prostitution légale, souligne-t-elle. La frontière entre les deux est indéfinissable. » Mais s’attaquer à la légalisation est aujourd’hui selon elle « hors de portée ». Alors qu’en ce qui concerne les jeunes femmes attirées par la Coupe du monde c’est « possible et urgent ».

En Allemagne, les groupes de pression de la « prostitution établie » ont bonne conscience. À tel point que l’association de prostituées « Dona Carmen » de Francfort a invité le Onze suédois à venir visiter « sans engagement » un des établissements du quartier Rotlicht pour recueillir « en direct » une information sur la prostitution allemande. En Suède, la loi punit le client d’une prostituée pris sur le fait.

Une association internationale ouvre une pétition contre cette prostitution liée à de grands événements sportifs ; vous pouvez télécharger le texte de la pétition en bas duquel vous trouverez l’adresse web de la pétition, en cliquant sur :

 


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