DOSSIER NUCLAIRE IRANIEN : LES OCCIDENTAUX ET LA CHINE REUNIS A VIENNE

Les Etats-Unis se sont efforcés jeudi de rallier Européens, Russes et Chinois lors d’une réunion dans la capitale autrichienne.
Les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine) et l'Allemagne se sont réunis jeudi à Vienne pour peaufiner pendant plusieurs heures une brève déclaration commune sur l’Iran. Selon la ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett, qui s’est exprimée au nom des Six, l’offre présente "une série de propositions de grande portée" et "des négociations si l'Iran en revient à la suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au retraitement". Sinon, "d'autres mesures devront être entreprises au Conseil de sécurité". Le terme de sanctions n’a pas été prononcé pour ménager les Russes et les Chinois.
D’après le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, trois grands volets sont abordés : programme nucléaire iranien, coopération économique et garanties de sécurité. Les propositions, certaines incitatives, d’autres dissuasives, doivent être transmises aux Iraniens. M. Lavrov a assuré que les pays rassemblés dans la capitale autrichienne avaient exclu "le recours à la force militaire" contre l'Iran "quelles que soient les circonstances". Depuis plusieurs mois, les Etats-Unis ont toujours refusé d'écarter l'option militaire s'il s'agit d'empêcher l'Iran d'avoir la bombe et de protéger leurs alliés.
Washington avait surpris mercredi en proposant un dialogue direct aux côtés des Européens à l'Iran à condition que Téhéran revienne au moratoire sur l'enrichissement. Une condition "non négociable", a expliqué vendredi le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow. Les relations diplomatiques entre Etats-Unis et Iran sont gelées depuis 1980. Par ailleurs, le directeur du renseignement américain John Negroponte a affirmé vendredi à la BBC que l'Iran pourrait disposer de l'arme nucléaire dès 2010, et qu’il restait "le principal Etat parrain du terrorisme dans le monde".
Vendredi en début de soirée, Téhéran n’avait toujours pas réagi officiellement. Un dignitaire religieux, l'hodjatoleslam Ahmad Khatami, a toutefois déclaré que l'Iran était prêt "à payer le prix fort pour défendre" ses droits en matière nucléaire.