UN PEU DE CONFIANCE AVANT D'EXCLURE

Nous sommes nombreux à nous être déplacés dans les différents forums des partis de gauche du département et de la région, pour y écouter les propositions des organisations présentes, pour y prendre la parole mais aussi pour y entendre les militants et sympathisants de notre famille politique.Comme dans toutes les familles, les avis et les positionnements sont larges et partagés – doux euphémismes – Les « Anti-tout », n’ayant que peu de tribune pour s’exprimer, en profitent largement ; nous naviguons ainsi de l’anti-capitalisme, à l’anti-libéralisme, en passant par l’anti-compromission avec les « sociaux traîtres » pour arriver à l’anti-gouvernement Villepin, où, au moins, tout le monde se rejoint.
Délicat exercice pour les Radicaux de gauche, qui font un peu OVNI dans ces rassemblement du « je suis plus à gauche que toi », mais qui, en fait, surprennent tout d’abord par l’affirmation de leur positionnement, largement humaniste ; et par leur programme de gauche, résolument moderne et…Réalisable !
Nous pouvons tirer de notre participation aux Forums une fierté certaine ; nous ne tombons pas dans la facilité du tout à gauche en réaffirmant nos convictions profondes de Radicaux ; notre capacité à faire évoluer nos idées en fonction de la progression de nos sociétés est l’une de nos forces. J’écris bien « de nos sociétés » ; pensez que nous pouvons vivre en autarcie dans une France coupée des réalités du monde qui l’entoure est certes à la fois facile et « vendeur » mais surtout propice à une régression à la fois économique – nous n’avons vraiment pas besoin de ça – et humaine – le monde ne tourne pas grâce à une impulsion franco-française -.
Le Radicalisme passe d’abord par la case « humanisme » ; qui sommes nous pour jouer avec d’autres humains ? Quelle image avons-nous de nous pour pensez que, mis dans la même situation que les jeunes immigrés de deuxième ou troisième générations, nous agirions différemment ? Une éducation réalisée par des parents qui ne comprennent pas toujours ce que l’on apprend à l’école, une vie en cité sans diversité socio-culturelle, un rejet de CV, de logement, à la vue seule de l’origine.
Qui d’entre nous accepterait cette situation, sachant que ceux qui la vivent sont là avant tout car, dans leur pays d’origine, ce serait économiquement bien pire pour eux et que, bien souvent, ces pays d’origine ont été colonisés par nombre de grandes nations européennes ?
Il ne s’agit pas ici de proposer une société qui, par compréhension humaine, ne proposerait aucune mesure afin de lutter contre toutes les violences ; simplement, avant d’appliquer la loi républicaine qui, d’une manière juste, sanctionne les délits et les crimes, quels qu’ils soient, réinjectons donc un peu de confiance en l’autre : si la peur n’est pas un système politique ; l’exclusion n’est pas la solution de tous les « périls ».
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